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Francophonie, aquarelles et dédicaces. |
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Une exposition de mon travail sur la Hongrie aura lieu à la librairie française Latitudes dans le cadre du festival Frankofonia. Portraits, architecture Budapestie et paysages magyars seront visible jusqu'au mois d'avril au numéro 11 de la Wesselényi utca, en plein centre de la capitale. |
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Une séance de signature de mon livre Hongrie, vagabondage en pays magyar aura également lieu lors du vernissage de l'exposition, le mercredi 12 mars au soir. |
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Et, pour ceux qui voudraient le revoir, le film tiré du livre:
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Affichage des articles dont le libellé est Hongrie. Afficher tous les articles
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jeudi 6 mars 2014
La Hongrie en exposition à Budapest
Libellés :
Aquarelle,
Exposition,
Hongrie
jeudi 13 juin 2013
Séance de dédicace
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Le 21 juin à partir de 19h. Retenez la date! Je serai à la librairie Magellan au 34 rue Ramey dans le 18ème arrondissement de Paris pour vous présenter et vous dédicacer mon livre Hongrie, vagabondage en pays magyar. Trois autres auteurs des éditions Magellan seront également présents pour vous présentez leur livres. Venez nombreux, invitez votre famille et vos amis, et nous aurons l’occasion de discuter de la Hongrie, des voyages, et de bien d’autres choses ! |
Et, pour ceux qui voudraient le revoir, le film tiré du livre:
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Libellés :
Hongrie
samedi 20 avril 2013
Hongrie, vagabondage en pays magyar
Mai 2013 en librairie !
Laissez moi vous faire découvrir la Hongrie à travers un carnet de voyage et un petit film d'animation tout en aquarelle.
La bande annonce sur viméo.
Un grand voyage.
A bientôt pour les séances de signatures!
Laissez moi vous faire découvrir la Hongrie à travers un carnet de voyage et un petit film d'animation tout en aquarelle.
La bande annonce sur viméo.
Un grand voyage.
Il y a des pays dont l'on rêve, et
d'autres que l'on rencontre par hasard. Pour moi, la Hongrie fut de
ceux qui se dressent dans votre vie sans prévenir et y laissent une
empreinte indélébile. Budapest m'a happé un jour d'hiver à la
descente d'un avion, et ne m'a laissé en paix qu'à l'intérieur de
ses murs. J'y suis retourné maintes fois, j'ai appris la langue
magyare. Et un jour j'ai décidé de quitter Paris, de passer
derrière l'horizon une fois de plus pour vagabonder librement dans
ce qui fut, en Europe, un "empire du centre".
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Un beau livre d'aquarelles.
Aujourd'hui, je vous emmène voyager avec moi, à l'occasion de la sortie de mon deuxième livre: Hongrie, vagabondage en pays magyar, aux éditions Magellan.
Découvrez Budapest, son architecture, ses bains, ses maisons de thés. Puis partez pour un grand tour du pays à pied, à la découverte de la verdure du parc national du Bükk, de l’enivrante étendue de la Puszta, la grande plaine hongroise, du lac Balaton, le plus grand lac d'Europe, et de bien d'autres joyaux du pays magyar.
Le livre sera disponible en libraire en Mai 2013. Retenez le bien!
A bientôt pour les séances de signatures!
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jeudi 27 décembre 2012
En voie de publication
Retour à Budapest pour les carnets de Fab.
Le livre que j'évoquais dans un post précédent est en voie de publication, et depuis quelques temps les pinceaux se sont remis à courir sur le papier et à rêver d'Europe centrale.
Voici donc l'illustration de couverture, retenez-là bien, c'est celle ci qu'il faudra chercher en librairie courant 2013!
Voici donc l'illustration de couverture, retenez-là bien, c'est celle ci qu'il faudra chercher en librairie courant 2013!
jeudi 8 septembre 2011
lundi 4 octobre 2010
De la longueur d'une soirée de noces
Quand je suis arrivé à Kaposvár l'année dernière, c'était au terme de trois jours de marche dans une campagne épaisse de chaleur et bruissante de vie estivale. La poussière du chemin s'était collée à moi comme si la terre elle-même avait voulu retenir mes pas et j'étais plus proche de Robinson Crusoé que de Phileas Fogg. Les parents de Zsolt m'hébergeaient ce soir là. A peine les salutations terminées, ils m'ont jeté sous la douche.
Quand je suis arrivé à Kaposvár cette année, c'était au bout de 200 km à moto sous une pluie battante. J'ai traversé quelques averses furieuses, navigué sur des voies de circulation devenue fluviales. J'ai surfé sur les déferlantes que provoquaient les camions en se jetant à 100km/h dans les marécages de l'autoroute. Eaux du ciel, eaux du sol. La pluie était partout, à l'extérieur de mes vêtements imperméables comme à l'intérieur et pendant ces quelques heures de route, j'ai voulu troquer ma vieille bécane contre un jet-ski flambant neuf. A mon arrivé, la mère de Zsolt m'a jeté sous la douche. Ça devient une habitude.
Les soirées de mariage ne sont pas toujours drôles. Ce soir là, en arrivant dans la grande salle louée pour l'occasion, chacun s'est installé où il l'entendait. Sauf les mariés et leurs parents qui occupaient une table à part, au fond de la pièce, perpendiculaire au trois longues tables des invités. Ces derniers se sont donc assis par accointance, groupes d'amis plutôt à gauche et famille plutôt à droite. Au milieu, ceux qui ne savaient ni où s'asseoir, ni avec qui discuter. J'étais de ceux là.
Autour de moi, les quelques couples discutaient entre eux, probablement des tâches ménagères du lendemain. Les enfants ont vites disparus pour jouer avec les ballons de baudruche accrochés au porte-manteau et les distractions se sont montrées trop rares pour en négliger aucune. C'est dans ces moments que l'on saisi tout l'intérêt comique d'une salière capricieuse. Elle est passée de main en main, chacun des mes voisins de table l'a essayé; ils ont tous versé d'un coup une demi cuillère à soupe de sel dans leur soupe. J'ai beaucoup souri et je me suis passé de sel.
A la table d'honneur, l'ambiance n'était pas à la liesse. Eux aussi se trouvaient entre personnes qui se voient bien trop souvent pour n'avoir d'autre discussion que le quotidien. De temps en temps, un convive se tournait vers eux avec un sourire et un flash crépitait. La table d'honneur n'est qu'un présentoir. On y installe les mariés comme on pose un bibelot sur une étagère. Derrière moi, de la table occupée par de la famille et des collègues de travail, partait parfois un grand cri. Puis un vieil homme levait son verre vers les mariés, se levait lui même avec un grand sourire, se rasseyait et retournait à sa discussion.
Vers 20h30 - mon dieu, je n'en n'était encore qu'au début -, les musiciens ont imposés leur tonitruante présence. Au menu: synthétiseur, boite à rythme, trompette ou saxophone, et chanson énamourée. Ils ont écrasé le brouhaha de ceux qui avait de quoi parler. Ça tombait bien, j'en avais assez de ne pas comprendre les discussions de mes voisins.
Les plats se sont succédés, remplissant les ventres pour remplir les heures. Des crèpes, de la soupe, de la viande, des choux, des gâteaux, des gâteaux et encore des gâteaux. J'ai abandonné la bataille bien avant l'invasion de desserts. Les hongrois les aiment crémeux, pas moi. Heureusement, la palinka était bonne. Faite maison, et à disposition.
J'ai enfin commencé à apprécier la soirée quand j'ai déniché trois cavalières sachant danser. Ou, à défaut, suivre. J'en ai profité pour changer de table, rejoindre un groupe d'amis et répéter mes réponses aux mêmes questions que l'on me pose depuis que je suis ici. Discussions relativement balisées, mais non dénuées de pièges. Il arrivait qu'un petit malin trouve une question à laquelle aucun autre n'avait pensé, un aspect de ma vie auquel les autres n'avaient pas osés s'intéresser. C'était là tout le piquant de l'affaire, se sortir de là sans quitter la langue hongroise. Slalomer entre les mots inconnus sans renverser une porte. Puis il fallait répliquer, trouver une question adaptée, comprendre la réponse. Ce fut le combat de toute une soirée.
Le plus âpres de ces duels est arrivé tard. L'orchestre donnait le meilleur de lui-même, piétinant les pensées avant d'écraser les paroles, et les invités se laissaient aller à dodeliner de la tête, les uns à cause de la fatigue, les autres à cause de l'alcool. Je m'étais levé pour me remplir un petit verre de Baileys. Je m'employait consciencieusement à le vider quand un vieil homme s'est approché. Je le connaissait bien celui là. Il m'avait pris d'affection depuis le début d'après midi et il n'était pas passé d'heure sans qu'il soit venu me reparler de la méprise qu'il avait faite en début de journée. Il s'était adressé à moi en me prenant pour un autre, et cela suffisait à le faire rire depuis. Il m'avait aussi invité à venir chez lui pour je cuisine les escargots qui s'infiltraient dans sa maison. Être français à l'étranger c'est souvent devoir affronter les clichés des gastéropodes et des pattes de grenouilles. Cette fois là, il s'était simplement levé pour que l'on trinque. Le fond de bouteille de Baileys ne remplissant pas son verre, il le compléta avec de la palika en un mélange douteux. Nous trinquâmes et il le vida d'un trait. Puis il se mit à parler. A travers le rideau de basses de l'orchestre, je cru comprendre que la soirée lui plaisait et qu'il m'invitait à nouveau à venir chez lui le lendemain. Puis il s'est mis à parler de sa femme qui dansait par là, et un joyeux alcoolique nous a rejoint. J'en ai profité pour m'éclipser.
N'allez pas croire que la soirée était noyée d'alcool, ce sont de fâcheuses coïncidences. Il y avait bien plus de crème et de nourriture que de tout autre chose. Et si la musique semblait décidée à réduire à néant les espoirs d'un danseur, elle comblait le reste de l'assemblée qui trottinait joyeusement à petit pas, deux par deux ou en cercles, quasiment en rythme.
Rentré pas si tard que ça, mais suffisamment pour dormir sans réfléchir. Réveillé par des bruits de couverts et aussitôt convié à un petit-déjeuner de chou et de boulettes de viande. Au matin d'une soirée arrosée, il y a des coutumes contre lesquelles on pourrait vraiment se mettre en colère.
J'ai quitté Kaposvár tôt dans l'après midi en expliquant à mes hôtes que je ne voulais pas rouler sous la pluie. Ils m'ont repris. En Hongrie, on ne roule pas sous la pluie, mais dans la pluie. C'est bien ce qui m'avait semblé à l'aller.
Quand je suis arrivé à Kaposvár cette année, c'était au bout de 200 km à moto sous une pluie battante. J'ai traversé quelques averses furieuses, navigué sur des voies de circulation devenue fluviales. J'ai surfé sur les déferlantes que provoquaient les camions en se jetant à 100km/h dans les marécages de l'autoroute. Eaux du ciel, eaux du sol. La pluie était partout, à l'extérieur de mes vêtements imperméables comme à l'intérieur et pendant ces quelques heures de route, j'ai voulu troquer ma vieille bécane contre un jet-ski flambant neuf. A mon arrivé, la mère de Zsolt m'a jeté sous la douche. Ça devient une habitude.
Les soirées de mariage ne sont pas toujours drôles. Ce soir là, en arrivant dans la grande salle louée pour l'occasion, chacun s'est installé où il l'entendait. Sauf les mariés et leurs parents qui occupaient une table à part, au fond de la pièce, perpendiculaire au trois longues tables des invités. Ces derniers se sont donc assis par accointance, groupes d'amis plutôt à gauche et famille plutôt à droite. Au milieu, ceux qui ne savaient ni où s'asseoir, ni avec qui discuter. J'étais de ceux là.
Autour de moi, les quelques couples discutaient entre eux, probablement des tâches ménagères du lendemain. Les enfants ont vites disparus pour jouer avec les ballons de baudruche accrochés au porte-manteau et les distractions se sont montrées trop rares pour en négliger aucune. C'est dans ces moments que l'on saisi tout l'intérêt comique d'une salière capricieuse. Elle est passée de main en main, chacun des mes voisins de table l'a essayé; ils ont tous versé d'un coup une demi cuillère à soupe de sel dans leur soupe. J'ai beaucoup souri et je me suis passé de sel.
A la table d'honneur, l'ambiance n'était pas à la liesse. Eux aussi se trouvaient entre personnes qui se voient bien trop souvent pour n'avoir d'autre discussion que le quotidien. De temps en temps, un convive se tournait vers eux avec un sourire et un flash crépitait. La table d'honneur n'est qu'un présentoir. On y installe les mariés comme on pose un bibelot sur une étagère. Derrière moi, de la table occupée par de la famille et des collègues de travail, partait parfois un grand cri. Puis un vieil homme levait son verre vers les mariés, se levait lui même avec un grand sourire, se rasseyait et retournait à sa discussion.
Vers 20h30 - mon dieu, je n'en n'était encore qu'au début -, les musiciens ont imposés leur tonitruante présence. Au menu: synthétiseur, boite à rythme, trompette ou saxophone, et chanson énamourée. Ils ont écrasé le brouhaha de ceux qui avait de quoi parler. Ça tombait bien, j'en avais assez de ne pas comprendre les discussions de mes voisins.
Les plats se sont succédés, remplissant les ventres pour remplir les heures. Des crèpes, de la soupe, de la viande, des choux, des gâteaux, des gâteaux et encore des gâteaux. J'ai abandonné la bataille bien avant l'invasion de desserts. Les hongrois les aiment crémeux, pas moi. Heureusement, la palinka était bonne. Faite maison, et à disposition.
J'ai enfin commencé à apprécier la soirée quand j'ai déniché trois cavalières sachant danser. Ou, à défaut, suivre. J'en ai profité pour changer de table, rejoindre un groupe d'amis et répéter mes réponses aux mêmes questions que l'on me pose depuis que je suis ici. Discussions relativement balisées, mais non dénuées de pièges. Il arrivait qu'un petit malin trouve une question à laquelle aucun autre n'avait pensé, un aspect de ma vie auquel les autres n'avaient pas osés s'intéresser. C'était là tout le piquant de l'affaire, se sortir de là sans quitter la langue hongroise. Slalomer entre les mots inconnus sans renverser une porte. Puis il fallait répliquer, trouver une question adaptée, comprendre la réponse. Ce fut le combat de toute une soirée.
Le plus âpres de ces duels est arrivé tard. L'orchestre donnait le meilleur de lui-même, piétinant les pensées avant d'écraser les paroles, et les invités se laissaient aller à dodeliner de la tête, les uns à cause de la fatigue, les autres à cause de l'alcool. Je m'étais levé pour me remplir un petit verre de Baileys. Je m'employait consciencieusement à le vider quand un vieil homme s'est approché. Je le connaissait bien celui là. Il m'avait pris d'affection depuis le début d'après midi et il n'était pas passé d'heure sans qu'il soit venu me reparler de la méprise qu'il avait faite en début de journée. Il s'était adressé à moi en me prenant pour un autre, et cela suffisait à le faire rire depuis. Il m'avait aussi invité à venir chez lui pour je cuisine les escargots qui s'infiltraient dans sa maison. Être français à l'étranger c'est souvent devoir affronter les clichés des gastéropodes et des pattes de grenouilles. Cette fois là, il s'était simplement levé pour que l'on trinque. Le fond de bouteille de Baileys ne remplissant pas son verre, il le compléta avec de la palika en un mélange douteux. Nous trinquâmes et il le vida d'un trait. Puis il se mit à parler. A travers le rideau de basses de l'orchestre, je cru comprendre que la soirée lui plaisait et qu'il m'invitait à nouveau à venir chez lui le lendemain. Puis il s'est mis à parler de sa femme qui dansait par là, et un joyeux alcoolique nous a rejoint. J'en ai profité pour m'éclipser.
N'allez pas croire que la soirée était noyée d'alcool, ce sont de fâcheuses coïncidences. Il y avait bien plus de crème et de nourriture que de tout autre chose. Et si la musique semblait décidée à réduire à néant les espoirs d'un danseur, elle comblait le reste de l'assemblée qui trottinait joyeusement à petit pas, deux par deux ou en cercles, quasiment en rythme.
Rentré pas si tard que ça, mais suffisamment pour dormir sans réfléchir. Réveillé par des bruits de couverts et aussitôt convié à un petit-déjeuner de chou et de boulettes de viande. Au matin d'une soirée arrosée, il y a des coutumes contre lesquelles on pourrait vraiment se mettre en colère.
J'ai quitté Kaposvár tôt dans l'après midi en expliquant à mes hôtes que je ne voulais pas rouler sous la pluie. Ils m'ont repris. En Hongrie, on ne roule pas sous la pluie, mais dans la pluie. C'est bien ce qui m'avait semblé à l'aller.
jeudi 23 septembre 2010
jeudi 9 septembre 2010
De la langue magyare
A traîner avec de jeunes gens, on se trouve confronté à la langue du pays. La vraie, argotique et imagée, pas la langue propre et mondaine d'Assimil. Et celle-ci se révèle d'une richesse tout à fait inattendue. Prenons par exemple le film allemand Lola Rennt. Lola doit trouver dans Berlin 100 000 DeutschMark en liquide en 20 min pour aider son copain à rembourser un trafiquant de voiture en colère - note pour ces demoiselles: ne jamais s'impliquer amoureusement avec un mec qui oublie 100 000 DM dans le métro, les conséquences en sont stressantes. Elle passe tout le film à s'exclamer "scheisse!". Dans le sous-titre hongrois, la traduction de cette interjection passe par des envolées lyriques digne des plus belles œuvres de Franz Lizst - hongrois "par le cœur et par l'esprit", soit dit en passant. Et cette monotone grossièreté se voit remplacée par des bordées d'insanités si inventives qu'il m'a semblé comprendre que le film perdrait de son intérêt sans ces sous-titres. Toutes les langues ne sont pas prêtes à assumer une telle richesse de vocabulaire.
Mais le hongrois est fier de sa langue. Il la sait difficile, différente des autres langues européenne, et fait preuve d'un malin plaisir à lui faire emprunter des chemins détournés. Il aime son pays aussi. Tellement qu'il le préférait vraiment quand il était plus grand.
Toutes les marques de l'histoire ne sont pas bien effacées dans les esprits, et la signature du traité de Trianon à Versailles - fin de la première guerre mondiale, le royaume de Hongrie perd plus de 70% de ses territoires d'avant guerre - fait souvent dire que les français ne les aiment pas. Et dans les salles de classe, c'est la Hongrie de 1910 qui est épinglée au mur.
Mais il est injuste d'en vouloir au français et, heureusement, la plupart le savent. Tout d'abord parce que le traité fut décidé par les puissances victorieuses de la guerre que furent notamment l'Angleterre, Les États Unis, l'Italie et la France. Ensuite parce que depuis l'empire hongrois du XII ème siècle, des sabots ont traversés la plaine et du sang a coulé. Le pays a été maintes fois envahi, la population maintes fois décimée. D'abord sous les flèches des mongols, puis sous les lames des Ottomans, puis sous les balles des Autrichiens, et enfin sous les chars des Russes. Des vagues d'occupations dévastatrices qui se sont succédées comme des marées, et que rien d'autre que le cycle des siècles ne semblait perturber. Il en résulte une certaine amertume devant l'histoire, une forme d'injustice de s'être trouvé au confluant des civilisations, entre l'est et l'ouest, entre les chrétiens et les musulmans, sur une terre que tous les despotes du coin ont convoités. Et une fierté de s'être toujours relevé, d'avoir pris des racines chez les uns et les autres et de toujours être là malgré le marteau pilon de l'histoire - et plus récemment malgré celui du communisme.
Un soir que nous nous moquions de certaines langues vraiment inutiles que nous apprenions, je lançais par pure provocation que je n'étais pas en reste puisque j'apprenais le hongrois. Il fallut de l'ingéniosité pour venir à bout des longues secondes de silence qui s'ensuivirent...
Mais le hongrois est fier de sa langue. Il la sait difficile, différente des autres langues européenne, et fait preuve d'un malin plaisir à lui faire emprunter des chemins détournés. Il aime son pays aussi. Tellement qu'il le préférait vraiment quand il était plus grand.
Toutes les marques de l'histoire ne sont pas bien effacées dans les esprits, et la signature du traité de Trianon à Versailles - fin de la première guerre mondiale, le royaume de Hongrie perd plus de 70% de ses territoires d'avant guerre - fait souvent dire que les français ne les aiment pas. Et dans les salles de classe, c'est la Hongrie de 1910 qui est épinglée au mur.
Mais il est injuste d'en vouloir au français et, heureusement, la plupart le savent. Tout d'abord parce que le traité fut décidé par les puissances victorieuses de la guerre que furent notamment l'Angleterre, Les États Unis, l'Italie et la France. Ensuite parce que depuis l'empire hongrois du XII ème siècle, des sabots ont traversés la plaine et du sang a coulé. Le pays a été maintes fois envahi, la population maintes fois décimée. D'abord sous les flèches des mongols, puis sous les lames des Ottomans, puis sous les balles des Autrichiens, et enfin sous les chars des Russes. Des vagues d'occupations dévastatrices qui se sont succédées comme des marées, et que rien d'autre que le cycle des siècles ne semblait perturber. Il en résulte une certaine amertume devant l'histoire, une forme d'injustice de s'être trouvé au confluant des civilisations, entre l'est et l'ouest, entre les chrétiens et les musulmans, sur une terre que tous les despotes du coin ont convoités. Et une fierté de s'être toujours relevé, d'avoir pris des racines chez les uns et les autres et de toujours être là malgré le marteau pilon de l'histoire - et plus récemment malgré celui du communisme.
Un soir que nous nous moquions de certaines langues vraiment inutiles que nous apprenions, je lançais par pure provocation que je n'étais pas en reste puisque j'apprenais le hongrois. Il fallut de l'ingéniosité pour venir à bout des longues secondes de silence qui s'ensuivirent...
lundi 6 septembre 2010
Loin dans la nuit
"Feed a cold, starve a fever", disent les anglais.
J'ai donc passé quelques matinées de la semaine dernière à nourrir mon coup de froid. A ne plus pouvoir en croiser un pörkölt sans en avoir des nausées. Il faut dire que, passé le mois d'août, le météo ne plaisante pas ici. C'est septembre, il est temps d'avoir froid! Je pourrais en faire un adage hongrois tellement les éléments mettent tout leur bon vouloir à me le confirmer d'année en année.
Alors pour se tenir chaud, on fait la fête, on bondit au son des groupes locaux, et on boit - la Russie a eu son heure d'influence ici. Bière à deux sous, vin dilué d'eau gazeuse - sacrilège inavouable pour un français en maraude -, et bien sur : palinka. Alors que la tolérance au volant est de 0,00 gr/l, il est difficile de s'extirper sobre de ces soirées réchauffées.
Le naturel hongrois à discuter avec le premier venu aidé de la fleur des boissons locales rendent ces nuits riches en rencontres. On se fait de nouveaux amis avant d'avoir eu le temps de finir son verre, et si la tour de Babel n'a pas tenue droit, c'est ici qu'elle a du s'effondrer. Des californiens, des allemands, des espagnols, un français et beaucoup d'autochtones y établissent des discussions bariolées et joyeusement polyglottes.
Dans ces milieux festifs de Budapest, les étudiants en affaires étrangères et les expatriés sont légions. La moyenne de multilinguisme des gens n'est pas le "0,5 langues parlées" de nos franchouillards compatriotes qui cherchent encore à se défaire des pièges de leur langue natale, mais plutôt un "2 ou 3 langues parlées". Avec quelques pointes à 5 ou 6 par tête. Évidemment, moi qui ne parle que français anglais couramment, un morceau d'allemand et petite tranche de hongrois, je ne me la ramène pas.
Rencontre d'un soir on d'un instant, toujours bon enfant. La plupart ne songent même pas à échanger numéro de téléphone ou adresse mail. "Kicsi a világ", le monde est petit, la ville plus petite encore. On se recroisera bien un de ces jours, ou une de ces années. J'ai vu ici des gens se rencontrer dans les situations les plus improbables, comme au fond d'un rade minable après quelques jours passés sur le même banc d'université des années auparavant, ou, plus rare, devant la scène d'un concert, chacun juché sur les épaules d'un acolyte. Dans ce deuxième cas, les embrassades furent digne d'un numéro de voltige équestre et le public entier s'est retourné en riant, au désespoir des musiciens.
Rencontres impromptues et naturelles, comme celle de cet étudiant germano-japonais, installé à Budapest pour deux ans de médecine. Il nous a aidé à faire traverser un pont à un ami - une histoire excessivement longue, à conserver pour les soirées d'hiver -, puis nous a accompagné dans notre promenade sur la colline Gellert, dans le vent et le froid de septembre. Nous ne nous sommes séparés que quelques heures plus tard, après des crèpes, du vin de Tokáj et un pictionnary digne des dictées de Pivot, et il s'est enfui au galop pour attraper le dernier métro. Quelques heures de compagnie et de drôles de discussions qui se sont effacées dans la nuit à pas de course. Tout juste j'ai retenu la phonétique japonisante de son nom: Kaïschin.
J'ai donc passé quelques matinées de la semaine dernière à nourrir mon coup de froid. A ne plus pouvoir en croiser un pörkölt sans en avoir des nausées. Il faut dire que, passé le mois d'août, le météo ne plaisante pas ici. C'est septembre, il est temps d'avoir froid! Je pourrais en faire un adage hongrois tellement les éléments mettent tout leur bon vouloir à me le confirmer d'année en année.
Alors pour se tenir chaud, on fait la fête, on bondit au son des groupes locaux, et on boit - la Russie a eu son heure d'influence ici. Bière à deux sous, vin dilué d'eau gazeuse - sacrilège inavouable pour un français en maraude -, et bien sur : palinka. Alors que la tolérance au volant est de 0,00 gr/l, il est difficile de s'extirper sobre de ces soirées réchauffées.
Le naturel hongrois à discuter avec le premier venu aidé de la fleur des boissons locales rendent ces nuits riches en rencontres. On se fait de nouveaux amis avant d'avoir eu le temps de finir son verre, et si la tour de Babel n'a pas tenue droit, c'est ici qu'elle a du s'effondrer. Des californiens, des allemands, des espagnols, un français et beaucoup d'autochtones y établissent des discussions bariolées et joyeusement polyglottes.
Dans ces milieux festifs de Budapest, les étudiants en affaires étrangères et les expatriés sont légions. La moyenne de multilinguisme des gens n'est pas le "0,5 langues parlées" de nos franchouillards compatriotes qui cherchent encore à se défaire des pièges de leur langue natale, mais plutôt un "2 ou 3 langues parlées". Avec quelques pointes à 5 ou 6 par tête. Évidemment, moi qui ne parle que français anglais couramment, un morceau d'allemand et petite tranche de hongrois, je ne me la ramène pas.
Rencontre d'un soir on d'un instant, toujours bon enfant. La plupart ne songent même pas à échanger numéro de téléphone ou adresse mail. "Kicsi a világ", le monde est petit, la ville plus petite encore. On se recroisera bien un de ces jours, ou une de ces années. J'ai vu ici des gens se rencontrer dans les situations les plus improbables, comme au fond d'un rade minable après quelques jours passés sur le même banc d'université des années auparavant, ou, plus rare, devant la scène d'un concert, chacun juché sur les épaules d'un acolyte. Dans ce deuxième cas, les embrassades furent digne d'un numéro de voltige équestre et le public entier s'est retourné en riant, au désespoir des musiciens.
Rencontres impromptues et naturelles, comme celle de cet étudiant germano-japonais, installé à Budapest pour deux ans de médecine. Il nous a aidé à faire traverser un pont à un ami - une histoire excessivement longue, à conserver pour les soirées d'hiver -, puis nous a accompagné dans notre promenade sur la colline Gellert, dans le vent et le froid de septembre. Nous ne nous sommes séparés que quelques heures plus tard, après des crèpes, du vin de Tokáj et un pictionnary digne des dictées de Pivot, et il s'est enfui au galop pour attraper le dernier métro. Quelques heures de compagnie et de drôles de discussions qui se sont effacées dans la nuit à pas de course. Tout juste j'ai retenu la phonétique japonisante de son nom: Kaïschin.
mardi 31 août 2010
lundi 30 août 2010
De la spontanéité d'expression
J'ai manqué de m'engueuler avec une caissière. Perdu une belle occasion plutôt.
Comme toujours, la situation génératrice du conflit était ridicule : elle a refusé de me rendre mes paprikas sous le prétexte fallacieux qu'ils étaient mal étiquetés.
Les gens qui me laissent le temps de construire mes phrases ont jusqu'ici étés très flatteur sur mes capacités en hongrois. Mais le non-sens de la situation m'a coupé mes moyens. Comment a t-elle pu faire passer tous mes articles, faire l'addition et se permettre au milieu de tout ça de rejeter sans le moindre égards mes trois petits légumes? J'ai essayé de protester. Mais la vitesse de la répartie fut violemment dédaigneuse de mon état d'apprenti magyarophone. Un regard de basilic qui a pétrifié l'espace. Et tous les mots qui se préparaient à jaillir de mes synapses pour gagner la voie des airs ont battus en retraite. Le vide de mon interlocutrice et l'absence totale de gestes facilitant la compréhension ont irrémédiablement déboussolés mon armée de phonèmes. Comme si une question piège jetée en allemand du haut d'un bunker avait renvoyé en Angleterre l'armée entière du débarquement. Échec et mat en un coup. Ace.
Puis elle s'est borné à m'indiquer du doigt le chiffre indiqué sur sa caisse enregistreuse.
Quitté le supermarché pour un parc public. Vexé. J'ai ressassé ma rancune tout le chemin. Et ravalé la frustration terrible de se voir ainsi ramené à l'état non-communicatif du touriste en maraude. "Encore un con**rd d'étranger" a-t-elle du se dire. "Encore une con**sse de caissière" me suis-je empressé de penser. Pendant la dizaine de minutes de trajet, mes troupes se sont réorganisés. Des bataillons de mots ont aiguisés leurs lames. Ah ils étaient beaux ces mots! En retard certes, mais ils étaient fiers comme à la parade. Tous prêts à en découdre et à défendre la cause juste du paprika mal étiqueté.
Il m'a fallut les calmer, les renvoyer à la caserne et à l'entrainement. Mais voilà, je sais qu'ils sont là. Et la prochaine qui me pique mes légumes, gare à elle: elle va prendre pour deux.
Comme toujours, la situation génératrice du conflit était ridicule : elle a refusé de me rendre mes paprikas sous le prétexte fallacieux qu'ils étaient mal étiquetés.
Les gens qui me laissent le temps de construire mes phrases ont jusqu'ici étés très flatteur sur mes capacités en hongrois. Mais le non-sens de la situation m'a coupé mes moyens. Comment a t-elle pu faire passer tous mes articles, faire l'addition et se permettre au milieu de tout ça de rejeter sans le moindre égards mes trois petits légumes? J'ai essayé de protester. Mais la vitesse de la répartie fut violemment dédaigneuse de mon état d'apprenti magyarophone. Un regard de basilic qui a pétrifié l'espace. Et tous les mots qui se préparaient à jaillir de mes synapses pour gagner la voie des airs ont battus en retraite. Le vide de mon interlocutrice et l'absence totale de gestes facilitant la compréhension ont irrémédiablement déboussolés mon armée de phonèmes. Comme si une question piège jetée en allemand du haut d'un bunker avait renvoyé en Angleterre l'armée entière du débarquement. Échec et mat en un coup. Ace.
Puis elle s'est borné à m'indiquer du doigt le chiffre indiqué sur sa caisse enregistreuse.
Quitté le supermarché pour un parc public. Vexé. J'ai ressassé ma rancune tout le chemin. Et ravalé la frustration terrible de se voir ainsi ramené à l'état non-communicatif du touriste en maraude. "Encore un con**rd d'étranger" a-t-elle du se dire. "Encore une con**sse de caissière" me suis-je empressé de penser. Pendant la dizaine de minutes de trajet, mes troupes se sont réorganisés. Des bataillons de mots ont aiguisés leurs lames. Ah ils étaient beaux ces mots! En retard certes, mais ils étaient fiers comme à la parade. Tous prêts à en découdre et à défendre la cause juste du paprika mal étiqueté.
Il m'a fallut les calmer, les renvoyer à la caserne et à l'entrainement. Mais voilà, je sais qu'ils sont là. Et la prochaine qui me pique mes légumes, gare à elle: elle va prendre pour deux.
jeudi 26 août 2010
Des origines d'Einstein
Pas encore visité les bars Salsa et forro.
Je savais que "forró" voulais dire brulant en hongrois. Mais je me suis rapidement confirmé la tendance gay du terme quand j'ai parlé d'un super "forró bar" (comme nos amis anglais, les hongrois mettent l'adjectif avant le nom) à une amie, et qu'elle m'a jeté un regard à la fois suspicieux et amusé. Je suis pas persuadé qu'elle aie totalement adhéré à mon explication sur le forro d'ailleurs...
Bref, je vais aller voir. Je "vais" parce qu'en fait mes journées se trouvent rapidement chargées. J'ai passé hier quasiment une heure dans un énorme supermarché à trouver une règle et une équerre -le seul rayon qui n'était pas indiqué - , et quasiment autant de temps à trouver le bon chemin pour y aller et en revenir.
Les hongrois ont une manière toute particulière de gérer les flux de véhicules sur leur voirie et d'indiquer les directions. Il est en général impossible de tourner à gauche quand on est sur un boulevard d'une certaine importance; les responsables des directions ont décrété que c'était une mauvaise idée. La moitié du temps, ça ne pose pas de problème puisqu'on veut tourner à droite. Mais le reste du temps, il faut dépasser l'intersection, trouver un endroit où faire demi tour (il y a par contre des endroits pour faire demi tour sur ces boulevards), puis revenir au croisement désiré et enfin... tourner à droite.
Dans une forme de logique qui m'échappe encore mais qui doit être locale, la fin de la portion d'autoroute qui m'amène dans le centre de Budapest m'a plusieurs fois déroutée. Au premier sens de terme comme au second degré. Trois possibilités d'entrée dans l'échangeur, trois possibilité de sortie. Mais là où le bon sens dicterait à l'entrée de gauche de sortir à gauche, celle ci finit complètement à droite. Et n'espérez pas déjouer le piège en prenant l'entrée de droite pour sortir à gauche, celle-ci va tout droit. Pour allez à gauche, il faut d'abord choisir "tout droit" (un peu comme sur les grands boulevards finalement... ). Vu du ciel, ça doit ressembler à ces labyrinthes dans les cahiers d'enfants. Ceux où trois entrées A, B, et C sont proposées mais que l'une d'elle seulement amène la souris affamée à son morceau de fromage.
Ce serait simple si l'on pouvait anticiper tout ça par des indications claires, mais évidemment ce n'est pas le cas. Sur les très gros axes, il y a bien des panneaux. Mais les panneaux les plus petits qu'il soit, et tellement peu mis en avant qu'il faut savoir qu'il y a à cet endroit un panneau à trouver pour penser à le chercher. Ainsi sur mon échangeur infernal, j'ai découvert, au bout de plusieurs jours d'expérimentation et de statistique sur les résultats des différentes voies de sorties, qu'il y avait bel et bien un panneau schématisant l'obstacle. Petit, dans l'ombre d'un pont, et placé tellement loin de l'évènement qu'on ne saisit pas sur le moment l'intérêt de ce jeu de flèches brisées et croisées. On ne comprend son erreur que bien plus tard.
Quand aux boulevards normaux, ceux où l'on a tout simplement pas le droit de tourner à gauche: aucune béquille. Pas même un petit panneau planqué dans un coin, il faut s'en sortir seul. C'est la jungle. Quand on a la chance d'anticiper l'évènement, une des meilleurs solutions est de s'arrêter juste avant - le long du trottoir bien entendu - et d'observer les trajectoires des véhicules. Puis de remonter les flux jusqu'à trouver laquelle des entrées A, B, ou C amenait la souris à son morceau de fromage.
Quelqu'un m'a dit que les hongrois étaient tellement intelligents qu'ils n'avaient pas besoin de panneaux de direction. Wikipédia dit qu'Einstein est né allemand, je suis maintenant persuadé qu'il a des sources hongroises.
Je savais que "forró" voulais dire brulant en hongrois. Mais je me suis rapidement confirmé la tendance gay du terme quand j'ai parlé d'un super "forró bar" (comme nos amis anglais, les hongrois mettent l'adjectif avant le nom) à une amie, et qu'elle m'a jeté un regard à la fois suspicieux et amusé. Je suis pas persuadé qu'elle aie totalement adhéré à mon explication sur le forro d'ailleurs...
Bref, je vais aller voir. Je "vais" parce qu'en fait mes journées se trouvent rapidement chargées. J'ai passé hier quasiment une heure dans un énorme supermarché à trouver une règle et une équerre -le seul rayon qui n'était pas indiqué - , et quasiment autant de temps à trouver le bon chemin pour y aller et en revenir.
Les hongrois ont une manière toute particulière de gérer les flux de véhicules sur leur voirie et d'indiquer les directions. Il est en général impossible de tourner à gauche quand on est sur un boulevard d'une certaine importance; les responsables des directions ont décrété que c'était une mauvaise idée. La moitié du temps, ça ne pose pas de problème puisqu'on veut tourner à droite. Mais le reste du temps, il faut dépasser l'intersection, trouver un endroit où faire demi tour (il y a par contre des endroits pour faire demi tour sur ces boulevards), puis revenir au croisement désiré et enfin... tourner à droite.
Dans une forme de logique qui m'échappe encore mais qui doit être locale, la fin de la portion d'autoroute qui m'amène dans le centre de Budapest m'a plusieurs fois déroutée. Au premier sens de terme comme au second degré. Trois possibilités d'entrée dans l'échangeur, trois possibilité de sortie. Mais là où le bon sens dicterait à l'entrée de gauche de sortir à gauche, celle ci finit complètement à droite. Et n'espérez pas déjouer le piège en prenant l'entrée de droite pour sortir à gauche, celle-ci va tout droit. Pour allez à gauche, il faut d'abord choisir "tout droit" (un peu comme sur les grands boulevards finalement... ). Vu du ciel, ça doit ressembler à ces labyrinthes dans les cahiers d'enfants. Ceux où trois entrées A, B, et C sont proposées mais que l'une d'elle seulement amène la souris affamée à son morceau de fromage.
Ce serait simple si l'on pouvait anticiper tout ça par des indications claires, mais évidemment ce n'est pas le cas. Sur les très gros axes, il y a bien des panneaux. Mais les panneaux les plus petits qu'il soit, et tellement peu mis en avant qu'il faut savoir qu'il y a à cet endroit un panneau à trouver pour penser à le chercher. Ainsi sur mon échangeur infernal, j'ai découvert, au bout de plusieurs jours d'expérimentation et de statistique sur les résultats des différentes voies de sorties, qu'il y avait bel et bien un panneau schématisant l'obstacle. Petit, dans l'ombre d'un pont, et placé tellement loin de l'évènement qu'on ne saisit pas sur le moment l'intérêt de ce jeu de flèches brisées et croisées. On ne comprend son erreur que bien plus tard.
Quand aux boulevards normaux, ceux où l'on a tout simplement pas le droit de tourner à gauche: aucune béquille. Pas même un petit panneau planqué dans un coin, il faut s'en sortir seul. C'est la jungle. Quand on a la chance d'anticiper l'évènement, une des meilleurs solutions est de s'arrêter juste avant - le long du trottoir bien entendu - et d'observer les trajectoires des véhicules. Puis de remonter les flux jusqu'à trouver laquelle des entrées A, B, ou C amenait la souris à son morceau de fromage.
Quelqu'un m'a dit que les hongrois étaient tellement intelligents qu'ils n'avaient pas besoin de panneaux de direction. Wikipédia dit qu'Einstein est né allemand, je suis maintenant persuadé qu'il a des sources hongroises.
mercredi 11 août 2010
dimanche 8 août 2010
lundi 14 juin 2010
Hortobágy

l'Hortobágy. De Paris, cette steppe nourrissait mes rêves. Balayée de vent, d'un calme imposant que perturbe à peine les cavalcades des troupeaux de chevaux, elle abrite tout l'imaginaire populaire hongrois. Il y a encore un siècle les bergers y surveillaient des cheptels de milliers de tête et les légendaires betyars hongrois y cavalaient sans fin.
Aujourd'hui, La plaine est au fond de mon regard. J'ai aspiré goulûment ce paysage ras et rude. Ne pas en perdre une miette pour pouvoir plus tard s'y replonger à volonté.
mardi 16 février 2010
En contrebas de la Mátra

Pas bien loin de Kisnána. Je me suis installé pour la nuit sur ce plateau légèrement gonflé. Une délicate courbure toute charnelle et bien portante qui invite à s'y reposer. Au matin, un soleil d'or embrase chaleureusement la campagne alentour. Le paysage est rond est doux, moelleux.
Derrière moi se froissent timidement les monts de la Mátra. Loin à Droite se cache Budapest. Devant moi le relief descend vers la grande plaine en de lent soupirs. A Gauche, se cachent derrière l'horizon Eger et le massif du Bükk. J'y serai ce soir.
dimanche 17 janvier 2010
Et si on en faisait un livre?



Bien évidemment , la lecture est malaisée sur un écran. D'autant que ces images sont bien petites, mais si on imprimait tout ça?
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